
La domination des acteurs tech américains fait débat dans un contexte géopolitique tendu. Trois hyperscalers captent 80% de la croissance du cloud public en France, soulevant des questions cruciales de souveraineté et de sécurité. Les lois extraterritoriales comme le FISA et le Cloud Act exposent les données sensibles françaises à des risques juridiques majeurs, poussant l'État à réagir.
Face à cette dépendance, l'écosystème français se mobilise. L'ANSSI a instauré la certification SecNumCloud, garantissant un haut niveau d'exigence technique, opérationnel et juridique. Des acteurs français mettent en avant leurs origines européennes pour proposer des offres "souveraines". Le marché français du cloud souverain est estimé à 889 millions d'euros d'ici 2029, avec 2 749 entités qualifiées OIV/OSE à cibler.
Mais entre promesses et réalité, où en sont les partenaires IT ? Le marché est-il vraiment mûr au-delà de la sphère publique ? Les offres souveraines sont-elles suffisamment matures et accessibles ? Comment les partenaires peuvent-ils s'inscrire dans ce mouvement et identifier les véritables opportunités business ?
Cette première table ronde plante le décor et fixe les définitions essentielles. Elle reviendra sur la distinction entre souveraineté des données et souveraineté numérique, sur les raisons qui poussent aujourd’hui les entreprises et les pouvoirs publics à s’emparer du sujet, et sur les enseignements du dernier baromètre d’Hexatrust. Cette séquence explorera également la dépendance croissante aux Big Tech, les premiers signaux de changement du côté des acheteurs publics, ainsi que les outils émergents pour identifier les alternatives souveraines.
Cette seconde table ronde s’intéresse aux solutions opérationnelles permettant de réduire les dépendances technologiques. Les intervenants expliqueront comment mettre en place des architectures résilientes, comment assurer une autonomie fonctionnelle en cas de défaillance d’un fournisseur, et comment tirer parti de l’open source et de l’hybridation souveraine. Ils aborderont également les alternatives à VMware, la montée en puissance d’OpenStack, de Proxmox ou de Kubernetes, la souveraineté d’exploitation 100 % France et le rôle de la réglementation dans la construction d’un écosystème numérique robuste.
Cette dernière séquence s’intéresse à la manière d’accompagner concrètement la transformation des organisations. Elle mettra en lumière le rôle central de l’analyse de risques pour déterminer le niveau de souveraineté nécessaire, la possibilité d’avancer de manière progressive grâce à des briques déjà matures, et l’importance des infrastructures de proximité et des PRA souverains. Les intervenants reviendront également sur les freins humains, organisationnels et économiques qui ralentissent l'adoption, et proposeront des pistes pour accompagner durablement les DSI et les acheteurs publics.